Le sport sur ordonnance

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Dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d'une Affection de Longue Durée (ALD), le médecin traitant peut prescrire une activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical du patient.

Les bienfaits du sport sur la santé ne sont aujourd’hui plus à prouver. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) identifie ainsi l’inactivité physique comme le 4ème facteur de risque de mortalité au niveau mondial, représentant 6% des décès. L’efficacité du sport dans le maintien d’une bonne santé prend un tout autre relief dans le cadre des ALD. L’activité physique permet de lutter contre la maladie et réduirait, par exemple, les risques de récidive de 30 à 50% pour certains cancers.

Créée par la Loi de modernisation du système de santé de janvier 2016, cette reconnaissance officielle du sport comme « médicament » a depuis été inscrite dans le code de la Santé publique (article L. 1172-1). L’Assemblée Nationale a voté le 30 décembre 2016, un décret précisant les conditions de dispensation d’une activité physique adaptée à certaines personnes malades. Ce décret est entré en application le 1er mars 2017.

Le sport devient ainsi une thérapie accessible et efficace. Il doit cependant s’inscrire en complément des traitements classiques prescrit par les médecins et ne saurait, à lui seul, assurer le rôle des thérapies médicamenteuses.

La diversité des pathologies exige également de prendre des précautions fondamentales. L’activité physique doit ainsi être prescrite par un médecin généraliste attentif, à l’issue d’un bilan complet de la maladie, et encadrée par un cadre sportif professionnel et compréhensif.

Ainsi, plusieurs types de professionnels peuvent dispenser une activité sportive à des patients atteints d’ALD :

  •  Les coachs APA (titulaires d’un diplôme d’Activité Physique Adaptée) ;
  •  Les professionnels paramédicaux ;
  •  Les personnes certifiées par la fédération sportive.

Mais à l’heure actuelle, le décret n’évoque aucun remboursement de l’Assurance Maladie Obligatoire. Cependant, la loi précise que les frais de traitement des Affections de Longue Durée doivent être pris en charge intégralement. A terme, il n’est pas impossible que la sécurité sociale réfléchisse à un remboursement de ces séances de sport.

Ce manque de prise en charge s’est vu compensé par les assureurs, mutuelles privées et certaines collectivités qui ont pris part au projet porteur que représente le sport sur ordonnance. En effet, certaines mutuelles santé ont décidé de prendre en charge le sport sur ordonnance pour leurs adhérents souffrant d’une ALD. Ainsi le programme d’activité physique prescrit aux patients peut être pris en charge partiellement voire totalement dans certains cas. Par ailleurs, certaines collectivités ont emprunté une voie similaire et proposent par exemple, la gratuité pendant un an des séances de sport sur ordonnance.